La classification des vins
La classification des vins en France est à la fois historique (héritée de traditions locales) et juridique (avec des systèmes officiels, comme l’AOC). Elle varie beaucoup selon les régions viticoles qui n’utilisent pas exactement les mêmes termes ni les mêmes critères.
L’Union Européenne, en s’inspirant fortement du système hiérarchisé mis en place en France en 1935, a défini en 2008 deux catégories de vins :
- Les vins bénéficiant d’une indication géographique, au sommet de la hiérarchie
- Les vins sans indication géographique (VSIG). S’ils proviennent exclusivement de l’hexagone, ils sont appelés « vins de France »
Les vins avec indication géographique sont eux-mêmes subdivisés en deux catégories :
- Les AOP (appellation d’origine protégée selon la terminologie européenne) qui forment la catégorie supérieure, ou AOC souvent utilisée en France. Liste réduite de cépages, rendements inférieurs aux autres catégories, et cahier des charges strict.
- Les IGP (indications géographiques protégées). En matière viticole, ces dernières correspondent aux anciens vins de pays. Liste de cépages plus large, comprenant des variétés d'autres régions, et moins de contraintes dans le cahier des charges.
Les appellations d’origine Vins Délimités de Qualité Supérieure (AOVDQS) ont disparu en 2012.
L'étiquette:
- Les mentions obligatoires: pays de provenance, catégorie de vin, nom et adresse de l'embouteilleur, contenance, degré d'alcool, message sanitaire, numéro du lot.
- Les mentions facultatives: cépages, lieux-dits, millésime, vin biologique.
- La contre-étiquette: le texte n'est pas réglementé. Des informations sur les cépages, le mode d'élaboration du vin, sa description ou des accords mets-vins.
- Les médailles: certainement un signe de reconnaissance de la part de professionnels, quand le concours est sérieux, mais elle ne garantit pas la qualité du vin (innovation contre respect de la tradition par exemple)
Il y a de nombreux acteurs dans la filière viticole qui reflètent des modèles économiques et des philosophies de production distincts.
Le COF privilégie les relations avec les vignerons indépendants.
- Un vigneron indépendant (logo "Vigneron Indépendant" avec une bouteille stylisée avec une feuille de vigne) est un professionnel qui cultive ses vignes, vinifie ses raisins et commercialise lui-même ses vins, sans dépendre d’une coopérative, d’un négociant ou d’un groupe industriel. Il maîtrise l’ensemble du processus, de la vigne à la bouteille. Ils sont souvent à l'origine d'innovation dans le choix des cépages ou dans les processus de vinification.
- Les autres acteurs sont les coopératives agricoles (les vignerons apportent leurs raisins ou leur vin pour une vinification et une commercialisation communes), les négociants (qui achètent des raisins, des moûts ou des vins à des vignerons ou coopératives, les assemblent, les élèvent et les commercialisent sous leur propre marque), des groupes industriels ou des grands châteaux (qui possèdent des vignobles étendus et des moyens techniques et financiers importants et visent des volumes et une notoriété mondiale) ou à l'opposé des caves particulières ou micro-négociants qui achètent des vins en petites quantités pour les élever et les commercialiser, souvent avec une approche artisanale.
Les points à retenir:
- La classification des vins en AOP, IGP, et Vin de France a pour but de garantir l’origine, les pratiques viticoles, et la typicité d’un vin. Elle est supposée être un indicateur de qualité, mais en réalité, cette correspondance entre classification et qualité est loin d’être absolue.
- Les points positifs du système sont la traçabilité et le lien clair avec le terroir, les contrôles réguliers, la réputation historique qui peut garantir pour certaines AOP un niveau de qualité très élevée
- Il y a cependant des limites au système : un vin peut être excellent hors cahier des charges (cépage non autorisé, vinification innovante, …), la rigidité des règles pénalise l’innovation ou l’adaptation au changement climatique, la non-prise en compte de la viticulture biologique ou naturelle est problématique, le côté strict peut conduire à l’uniformisation du goût, un effet marketing peuvent conduire certaines AOP renommées à être surpayées par rapport à leur réelle qualité.
- Des petits producteurs, souvent engagés dans une viticulture durable ou naturelle, jouent un rôle clé dans la diversité des vins, mais ils doivent faire face à des défis économiques et logistiques pour se faire une place sur le marché.
- Un nombre croissant de vignerons qui se sont fait un nom à l’exportation jugent que ce nom (Vin de France) est plus fort que l’AOC ! On voit apparaître des stratégies marketing basées sur une marque plutôt qu’une appellation
- La connaissance de la classification est donc très utile, mais elle n’est qu’une indication parmi beaucoup d’autres pour découvrir un vin.
- Il est utile de s'entraîner à lire avec soin les étiquettes, repérer les termes qui précisent la qualité ou le style, comparer les étiquettes de vins d'une même région. Utiliser des applications comme Vivino en scannant les étiquettes pour voir les notes, les cépages et les appellations
Les "crus"
- Les "crus" indiquent des vins issus de terroirs ou de vignobles particuliers, reconnus pour leurs qualités. Ce n’est pas un label officiel au niveau européen, mais un terme souvent reconnu dans certaines régions.
- Les notions de Grand Cru et Premier Cru par exemple dépendent beaucoup de la région, car elles ne sont pas définies de la même manière partout. Exemples:
- En Bourgogne, la hiérarchie est intégrée aux AOP
- En Bordeaux, avec un classement historique indépendant, le cru est une distinction qualitative parallèle
- En Beaujolais, les crus sont des AOP à part entière
- En Champagne, les crus sont liés aux villages